Festival international pour le soutien de la résistance iraquienne
à l’occasion du 4ème anniversaire de l’agression étasunienne – Bourse du Travail Paris 10°,
Intervention du Dr Abdelmajid al-Rafei
député du parti Baath
ancien député du parti Baath, membre de la direction panarabe du Parti Baath Arabe Socialiste
Mesdames,
Messieurs,
Je remercie chaleureusement les organisateurs de ce meeting, de m'avoir convié à y prendre part, en commémoration de quatre ans de l'agression contre l'Iraq, de son occupation, de sa destruction, du vol de ses ressources et richesses, de l'anéantissement de toutes ses structures essentielles, en tant qu'un des États Fondateurs au sein de l'Assemblée générale des Nations Unies, et de la Ligue des États Arabes, ou la démolition de ses institutions historiques, économiques, culturelles, sociales, ainsi que toutes ses infrastructures.
Cette agression est l'un des crimes les plus odieux de ce siècle, vu ce qu'elle a violé les valeurs humaines, et les lois et traités internationaux.
Les États-Unis d'Amérique ont dépassé par leur guerre contre l'Iraq, tous les États colonialistes de l'Ancien Monde, qui, en déclarent leurs guerres, essayaient au moins, de leur trouver des prétextes, plus ou moins plausibles, comme, par exemple, pour la Première Guerre mondiale 1914-18, ce qui a donné l'étincelle à cette guerre, c'était l'assassinat de François Ferdinand, le Dauphin de L'Autriche.
Mais les États-Unis d'Amérique ne se sont même pas donnés la peine de trouver des fondements légaux pour déclarer et mener leur guerre contre l'Iraq, cette guerre qu'on peut considérer, à juste raison, comme une Troisième Guerre mondiale, non seulement par son extension et ses effets néfastes sur la Nation Arabe et le Moyen-Orient, mais en ce qu'elle a formé une régression sur l'acquis des principes et valeurs humaines pour lesquels l'humanité a lutté pour les confirmer comme principes essentiels des relations internationales.
Les États-Unis, au contraire, ont eu recours aux mensonges, prétendant la possession par l'Iraq des armes de destruction massive ainsi que des relations avec Al-Quaïda, deux grands mensonges qui n'ont pas été confirmés, ni par les commissions internationales de recherche chargées par les Nations Unies, qui ont passé huit années consécutives, puis un an et demi, à fouiller partout, même les garderies d'enfants, sans trouver la trace d'armes de destruction massive, ni par les instances internationales. Tout le monde se rappelle la séance du Conseil de Sécurité du 14 février 2003, quelques semaines avant l'agression, comment les ministres des Affaires étrangères de la majorité du Conseil, dont trois membres permanents, soit la France, la Russie et la Chine, ont mis en échec toute tentative des États-Unis de faire passer une résolution par le Conseil de Sécurité, pour leur permettre de déclarer la guerre contre l'Iraq.
Quant aux relations de l'Iraq avec Al-Quaïda, il est bien connu que la doctrine religieuse et les convictions de celle-ci, sont tout a fait opposées à celle de la direction légale de l'Iraq, qui est laïque, et adopte l'idéologie du Parti Baath Arabe Socialiste. En plus, personne n'a pu trouver aucun lien entre les deux institutions.
Malgré tout cela, les États-Unis ont fait fi, et du Conseil de Sécurité, et des lois et des conventions internationales, ainsi que des millions de manifestants dans les rues de centaines de villes du monde entier, et même aux États-Unis, refusant tous la guerre, et ils ont commis le crime de l'agression contre l'Iraq, et continuent à le faire en dépit de tous les désastres qu'elle a causés, surtout la perte de plus de 650 mille vies humaines, dont la plupart des civils iraquiens.
Là, je voudrais citer les confessions de Mr El-Akhdar Al-Ibrahimi, l'envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Iraq après son occupation: «il a avoué que sa décision d'accepter cette mission était une décision fausse et non judicieuse du tout; et tout ce que les étatsuniens ont accompli en Iraq était illégal; et que ce pays a été occupé par la force, sans aucune résolution autorisant cette occupation, soit de la part de l'Assemblée Générale des Nations Unies, soit du Conseil de Sécurité».
Mr Al-Ibrahimi ajoute que les Américains n'agissent pas à présent pour résoudre le problème iraquien, mais pensent uniquement à résoudre leurs propres problèmes résultant de leur occupation de 1'Iraq».
Mesdames, Messieurs
Les néo-conservateurs étasuniens, soutenus par les monopoles du pétrole, et les grandes sociétés de l'industrie militaire, ont montré au président Bush et sa direction la voie de l'occupation de l'Iraq, lui suggérant que celle-ci facilite d'étaler l'hégémonie américaine sur le monde entier, surtout après la chute de l'Union Soviétique; ainsi les États-Unis peuvent s'accaparer le rôle de Pôle unique, à l'échelle internationale.
Suivant cette stratégie infernale, le Moyen-Orient était un des points d'appui de la politique des nouveaux conservateurs, vu l’importance stratégique de cette région, pour les raisons suivantes:
étant un carrefour nœud, qui joint trois continents: l’Asie, l’Afrique et l’Europe
pour ses ressources économiques, contenant surtout plus que la moitié des réserves de pétrole du monde entier,
en ce qu'elle forme, partant de la, comme marché vaste des produits et marchandises des États-Unis et ses alliés, allant de l'aiguille et produits alimentaires, jusqu'aux armes les plus sophistiquées,
en ce qu'elle est un terrain abondamment rentable pour leurs entreprises de toutes formes;
en ce qu'elle est le berceau de l'entité sioniste, nommée Israël, qui a été créée pour être l'avant-garde de sécurité de l'impérialisme international.
Et sur cet arrière-fond, c'était l'obstination des États-Unis, pour en finir avec le régime national et progressiste en Iraq, qui formait un obstacle essentiel s'opposant à cette stratégie, et qui se particularisait par une renaissance humaine distinguée, fondée sur des bases économiques, scientifiques et militaires avancées, et qui a pu unir le peuple iraquien, et décréter la loi du 11 mars 1970, octroyant l'autonomie à la région kurde du nord du pays, en application de ses principes et acquis nationaux, qui ont fait de ce régime le principal soutien de la cause centrale de la Nation arabe en Palestine, ainsi que le soutien de toute cause de Libération arabe, et même mondiale.
Les États-Unis ont fait une question de fond, de lier l'occupation de l'Iraq à sa stratégie générale de l'hégémonie sur le monde et ses richesses, et de veiller à la sécurité d'Israël. Ceci ne se fait, selon elle, qu'en gelant le rôle de libération nationale et panarabe de l'Iraq, et d’agir pour l'effacer définitivement, ouvrant la voie à Israël pour se consacrer à mettre fin à la résistance populaire palestinienne, ce qui facilite aux États-Unis de parfaire l'hégémonie sur tous les États arabes, en les grignotant l'un après l'autre.
Pour accomplir cet objectif satanique, les États-Unis ont mis en œuvre tout leur potentiel militaire, matériel et scientifique pour occuper l'Iraq, et quand ils ont eu recours à des armes proscrites de tuerie massive, telles que les bombes en grappe, les bombes brûlantes à vide etc. en guise de trancher la bataille en leur faveur, le gouvernement iraquien présidé par feu le Président martyr Saddam Hussein, a alors décidé de modifier sa tactique, en transformant le combat de sa forme militaire traditionnelle à une guerre de libération populaire, connue pour être à long terme, pour affronter l'énorme arsenal militaire des États-Unis et de ses alliés, et leur prédominance technologique.
Ainsi nous voyons jour après jour que la résistance iraquienne, initiée et préparée par le Président martyr Saddam Hussein, lutte avec acharnement contre les forces d'occupation, et a pu rétablir l'équilibre en sa faveur, créant un état d'âme chez les étasuniens, semblable à celui du temps de la guerre de Vietnam, qui a fait bousculer, et la chambre des députés et le sénat, en faveur des démocrates et a poussé les États-Unis à demander à Georges Bush le retrait de ses forces le plus tôt possible, après son piétinement dans les marécages de l'Iraq et l'échec de son projet infernal avec ses nouveaux conservateurs.
Mesdames et Messieurs,
Avant d'ordonner la formation du tribunal fictif qui allait juger feu le Président Saddam Hussein et ses camarades, Bush a déblayé le terrain en menant une campagne de désinformation visant à défigurer l'image rayonnante du Président qu'il a acquise durant de longues années de lutte acharnée au rang de l'opposition comme militant, comme au pouvoir, essayant de le démystifier devant l'opinion publique et facilitant par là de le juger de cette façon arbitraire et ridicule.
Ce Tribunal est une violation flagrante de toutes les valeurs du droit, de la justice, des traités et conventions internationaux.
Human Rights Watch a traité ce tribunal de faux, de falsifié et d’injuste, et son jugement est invalide, puisqu'il n'a acquis aucune légitimité, étant l'aboutissement de l'occupation.
D'autre part, ce tribunal n'a pas pris en considération le statut légal de prisonnier de guerre du président Hussein, puisqu'il s'est fait prisonnier en luttant contre les agresseurs de son pays.
Ce qui s'applique au président Hussein s'applique aussi à tous ses camarades prisonniers de guerre, surtout le vice-président Taha Yassin Ramadan contre lequel les forces d'occupation et leur gouvernement fantoche ont fait pression sur la cour de cassation pour décréter un jugement de la peine de mort contre lui, et qui a été exécuté illégalement le 20 mars 2007 à l'aube, à la même heure du déclenchement de l'agression il y a quatre ans, ce qui prouve à nouveau que ce tribunal a été formé pour des raisons politiques et de vengeance.
Madame Bouchra Al Khalil, un des avocats défenseurs du président Hussein et du vice président Ramadan, a souligné dans un de ses réquisitoires que: «cette hérésie illégale qui domine la marche du tribunal, et l'infraction aux lois, constituent des pas prémédités, pour qu'il n'y ait aucun toit pour personne, qui puisse le protéger» [aucune protection pour personne].
Quant à l’assassinat du président Saddam Hussein, ce n’était qu’un acte de vengeance de la longue marche historique de ce leader arabe, de son héroïsme, de ses principes de libération nationale et arabe, de son affection pour l'Iraq, car il a agi pour qu'il soit puissant et fier, craint par les ennemis, respecté par les amis, et en sympathie avec les frères les plus proches.
Saddam Hussein a été un héros pendant sa vie, et a continué à l'être jusqu'au moment crucial de son exécution - assassinat, quand il est resté au sommet de sa bravoure et de sa dignité, quand il s'est exclamé: «Vive l'Iraq, Vive la Palestine, Vive la Nation Arabe. Achad an la ilaha illa Allah».
Cette glorieuse fin de martyr, Saddam Hussein l'a toujours souhaitée, d'ailleurs il s'est considéré de tout temps comme un projet éternel de martyr.
Cette attitude devant la mort est une prouesse de héros, qui restera mémorable à son peuple, à sa nation, à ses camarades, et à toutes les forces de libérations et d'indépendance de l'Univers, comme un symbole vivant du sacrifice et de l'abnégation.
Mesdames et Messieurs,
Ceux qui ont cru que l'occupation de l'Iraq et l'assassinat des ses leaders est le plus court chemin de se débarrasser des éléments essentiels de la défense nationale, qu'ils ne se félicitent pas, car ce privilège de protections des forces d'occupations ne va pas durer, et il est temps de le faire sortir de l'Iraq, par la force de la résistance nationale. Et l'heure du jugement de ces traîtres approche pour qu'ils aient le châtiment qu'ils méritent, et pour que l'Iraq redevienne un état libre, indépendant, souverain, et unifié, de l'extrême nord jusqu'au sud, en passant par Bagdad et le centre, comme l'a affirmé le programme politique du parti Baath et de la résistance nationale iraquienne, qui a mis l'antagonisme essentiel avec l'occupant américain et britannique au-dessus de tout autre, loin d'aucune lutte religieuse ou sectaire, pour atteindre le but suprême de la libération et de l'indépendance de l'Iraq, sur la voie de la liberté, la démocratie et l'union nationale.
Notre foi en la résistance nationale iraquienne provient de notre conviction que les citoyens iraquiens qui ont été élevés à aimer et défendre l'Iraq, qui sont convaincus par les principes nationaux arabes de libération, sont capables, soutenus à toutes les échelles, par les partisans dévoués du monde arabe, de provoquer la défaite des agresseurs, pour que l'Iraq redevienne, comme l'a édifié Saddam Hussein, un pays libre, uni, participant avec efficacité à l'émancipation de la nation arabe, sur la voie du progrès et de l'humanité.
D'ici, de Paris, du berceau de la Révolution française, nous appelons à une action tous azimuts, pour soutenir la résistance iraquienne et pour la formation d'un tribunal international, afin de juger Georges Bush et ses complices pour les crimes contre l'Humanité. Il est même important, d’ériger et d'instituer des tribunaux populaires et des comités des droits de l'homme pour le même but, dans tous les pays arabes et à travers le monde entier.
Enfin, d'ici, de cette réunion, tenue au cœur de Paris, nous envoyons nos salutations et notre plus haute estime envers l'Iraq, le peuple de l'Iraq, et la résistance nationale iraquienne contre les agresseurs et leurs agents séparatistes.
Nous appelons à la libération de tous les héros détenus dans les prisons de l'occupation.
Gloire en l'honneur à tous les martyrs de l'Iraq, de la Palestine, et de tous les pays arabes luttant contre les agresseurs.
Que la mémoire des martyrs Saddam Hussein et de ses camarades reste éternelle tout le long de l'histoire.
Dr. Abdelmajid Al-Rafei
Membre du commandement national du Parti Baath Arabe Socialiste
Paris le 23 Mars 2007