Uranium: une vie est en jeu
URGENT - SVP,
reprenez à votre compte la lettre type ci-dessous
et envoyez là de toute urgence (une vie est en jeu)
à Mme le Ministre de la Défense:
courrier-ministre@sdbc.defense.gouv.fr
Hervé Desplat,
responsable de l'organisation Avigolfe qui défend les vétérans
français victimes de l'uranium en Irak
e-mail:
rv.desplat@wanadoo.fr
Madame le ministre,
La vie d'un homme, victime de son devoir au service de la France, est entre vos
mains.
M. Christian Prud'homme, aujourd'hui âgé de 38 ans et demeurant à Riquewihr
(Haut-Rhin), a servi pendant la "guerre du Golfe" de 1991 et en est revenu avec
ce qu'on a reconnu et appelé depuis "le syndrome du Golfe". En tant que ministre
de la défense, vous avez été saisie de son cas comme de celui de nombreux autres
vétérans de la "guerre du Golfe", par les intéressés eux-mêmes et par leur
association, "AVIGOLFE".
A leurs démarches répétées, vous avez opposé une fin de non-recevoir - comme vos
prédécesseurs et vous-même l'avez fait pour les militaires victimes des essais
nucléaires français au Sahara et dans le Pacifique.
La justice française vient de donner raison à
deux de ces derniers, qui par chance ont eu accès à leur dossier médical : elle
a reconnu le lien de cause à effet entre leurs maladies, notamment cancéreuses,
et l'exposition aux radiations dont ils ont fait l'objet au cours des essais
nucléaires. Attendrez-vous que
la justice en fasse autant pour les militaires victimes du "syndrome du Golfe"?
A ce moment, ledit syndrome et vous-même
aurez fait une victime de plus : M. Christian Prud'homme.
M. Prud'homme souffre depuis 14
ans car il était déjà malade dès son retour du Golfe, débarqué sur une civière à
Toulon. Déjà, les médecins ont diagnostiqué un "choc post-traumatique" dû à la
"Guerre du Golfe" et des troubles de la vision.
Plus tard il a été admis au CHD de Dunkerque, et
les médecins ont conclu au même diagnostic. Aujourd'hui il est atteint d'une
cécité totale de l'oil droit et le gauche commence à péricliter. Il a perdu le
sens de l'orientation, le sens de l'équilibre. Il présente des troubles graves
du sommeil. Il souffre de douleurs musculaires atroces. Il est en fauteuil
roulant depuis décembre 2003...
Après avoir servi sa patrie
pendant sept ans, il vit avec 508 euros de pension d'invalidité de la CPAM -non
de l'armée- et 143 euros d'AAH (Allocation Adulte Handicapé).
Ce n'est pas assez pour pallier tous ses besoins
(soins, rééducations, analyses...). Et bien que le Conseil Général lui attribue
480 euros d'Allocation Compensatrice Tierce Personne qu'il verse chaque mois à
son assistante de vie, celle-ci lui en rend une partie pour qu'il puisse vivre
"dignement" ses fins de mois. Cette ACTP n'est même pas "officialisée", car
sinon il en perdrait presque le tiers pour "l'Etat" (URSSAFF...), de sorte que
son aide travaille depuis plus de trois ans sans bénéficier de points de
retraite.
Après avoir épuisé depuis 14
ans tous les recours ordinaires, dont ses placards sont remplis, auprès de
l'armée, de votre ministère et de vous-même pour faire valoir son droit, obtenir
reconnaissance et réparation pour lui-même et toutes les victimes de cette «
guerre oubliée », M. Prud'homme s'est résolu à employer l'ultime recours des
victimes dans une démocratie qui reconnaît -en principe- le droit à la justice
et à la vie. Il a commencé une grève de
la faim le 13 mai 2005. Il en est donc à son 35e jour de grève, et il a perdu 30
kilos. Chaque jour qui passe le rapproche du moment où les effets de ce jeûne,
s'ajoutant à son mauvais état de santé habituel, risquent d'en rendre les
séquelles irréversibles. En outre, selon le témoignage de son assistante de vie,
il est déterminé à aller jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à la reconnaissance
de ses droits par l'armée, ou la mort.
En somme : la justice ou la mort.
Le 27 mai 2005, l'attaché parlementaire de M. Jean-Louis Christ, député-maire de
Ribeauvillé, a adressé au Secrétariat d'Etat au Ministère des Anciens
Combattants un fax concernant le cas de M. Prud'homme.
Le 9 juin, M. le sous-préfet, envoyé par M. le
Préfet du Haut-Rhin, et M. le Maire de Riquewihr se sont rendus au domicile de
M. Prudh'homme -qui ne possède pas de véhicule "adapté" pour se déplacer. Ils
l'ont entendu, lui ont recommandé de se réalimenter, et ont précisé qu'ils
soumettraient, le jour même, sa "demande" et son "histoire" au Directeur de
l'ONAC du Haut-Rhin. Mais
comment renoncerait-il à son action, alors qu'il n'a reçu à ce jour aucune
réponse?
M. Prud'homme n'incrimine pas l'armée toute entière, mais seulement certaines
personnes qui ont pris des décisions et commis certaines erreurs et qui
devraient maintenant, après plus de 14 ans, en répondre.
Notre association, pour sa part, aurait beaucoup à dire sur la politique de
défense française, sur la "guerre du Golfe" comme sur les essais nucléaires et
sur la stratégie dite de "dissuasion nucléaire".
M. Jean-Pierre Raffarin, lorsqu'il était Premier
ministre, vous a d'ailleurs transmis une demande d'audience à laquelle vous
n'avez jamais donné suite. Nous restons à votre disposition pour vous exposer
notre point de vue. Mais une décision urgente doit être prise maintenant.
En dépend la vie d'un homme, ancien
militaire abandonné à son sort comme beaucoup d'autres, dont les soins et les
pensions devraient logiquement émarger au budget de votre ministère, en
progression constante - mais au profit des armes nucléaires.
C'est pourquoi nous nous permettons d'insister : sauf à donner de vous l'image
indélébile d'une "Dame de fer" française, par un comportement qui pourrait
justifier une mise en examen pour "non assistance à personne en danger" et
divers autres motifs, il nous semble que vous devriez de toute urgence faire
savoir à M. Christian Prud'homme que son cas et ceux de ses collègues victimes
du "syndrome du Golfe" seront examinés dans les plus brefs délais et avec
impartialité par des instances indépendantes de l'armée.
Espérant une réponse rapide et positive de votre part, nous vous prions
d'agréer, Madame le ministre, l'expression de notre considération civique.
Signature:
URANIUM : VOIR AUSSI : Lettre ouverte sur l'uranium
http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2005-03-14%2015:57:25&log=invites