(III) La Bête déchue
Par Abu Assur
Sur le couronnement de la nouvelle mariée :Irak
Moi, le scribe de Ninive, je suis témoin et mon témoignage est gravé sur l'argile, partout dans les coins des rues, dans les entrailles des collines irakiennes, en haut de tout minaret, sur tout Mihrab, sur les autels des églises millénaires. Oui j'ai vu la bête US saigner à mort. Les fourmis sauvages se sont rassemblées en une fraction de seconde pour nettoyer les lieux des restes immondes de la Pute US. Son engeance, les vipères à sonnettes, les crotales à bruits de crécelles n'étaient, à présent, que boyaux vides essorés et tordus. Dieu Shamash les avait frappés, les asséchant. Ils avaient l'air des bouts de bois pourris, mangés et démangés par les mîtes.
Il faisait lourd. Un temps lourd. Ca me rappelait Enouma Elish le premier jour de la création, le récit que je connais par coeur, et que je chante accompagné de ma harpe.
Et soudainement les portes du ciel se sont ouvertes, immenses.
Il plût sur les plaines de la Mésopotamie. Pluie! Pluie! Quel bonheur! Quelle bénédiction! Quel baume sur le coeur! Quelle grâce que la pluie sur une terre blessée, sur des mains nues tendues en offrande, en prière! Quelle joie que la pluie pour des enfants terrifiés.
Une pluie torrentielle, des éclaires, des tonnerres se déversèrent purifiant la terre sacrée de l'Irak, des cadavres de la Bête US et de son engeance.
Le Choeur:
Saints martyrs, votre sang innocent
A arrosé la terre sacrée de l'Irak.
Pour toute goutte pourpre répandue,
Des palmiers par centaines, pousseront!
Ils rempliront les horizons, comme au commencement!
Pour tout nourrissons effrayé
Pour tout ventre enceinte éventré,
Pour tout sourire meurtri, lacéré et tué au berceau
Par la Bête US,
Pour toute poignée maculée du sol de l'Irak:
Des milliers de mains portant des sabres,
Agitant khanjars, coutelas,
Glaives, crieront : vengeance!
Alors, moi le scribe de la cité de Ninewé la lionne dans son antre, je sentîs une brise. Un parfum doux couvrît les lieux, un délicieux et discret encens etreignît le Pays des Deux-fleuves.
Et ce que je vîs personne ne vît avant moi!
Je vîs une troisième rivière jaillissant des montagnes de Zakho, embrassée par les fleuves amants, le Tigre et l'Euphrate, sourdre vers le sud de l'Irak, se déverser vers les palmiers et le désert de Chaldée.
C'était une rivière de sang! Le sang des martyrs irakiens. La rivière pourpre irrigua toute graine de palmiers dattiers, tout champs de blé! Elle arrosa tout coeur brisé. Elle assécha toute larme amère de mamans éplorées.
Et puis, écoutez! Non! Non! N'écoutez point.. Est-ce une vision, une chimère! Regardez!
Etait née de ce fleuve une jeune fille brune, belle comme la pleine lune cette complice des amants des plaines irakiennes. Son corps était couleur de blé, telles les plaines couvertes de blé du pays de Sinaar. Ses yeux rayonnants d'un bonheur tranquille, étaient doux et étincelants. Elle marchait d'une allure et d'un pas sûrs et assurés. Elle menait une jument blanche, arabe de pur sang. La jument arabe scintillait, immaculée comme un moule en or baigné et baptisé par le feu d'une fournaise enflammée. La jeune fille, était entourée de milliers, de centaines de milliers de Karibous, les anges qui combattîrent, pour la protéger, la Bête US. Sa couronne était ornée d'étoiles brillantes. L'étoile de la Déesse Ishtar ornait son front.
Les karibous alors jouèrent de la harpe et chantèrent:
Ce pays a étendu ses ailes vers les horizons,
Vêtu de gloire des civilisations;
Bienheureux es-tu Pays-des-Deux-Fleuves,
Ta gloire est de génie, tu-es loyal,
Tu-es généreux, tolérant,
Résolu tel l'acier ! Sans faille!.
Moi, le scribe de la ville de Ninive, je continuais à la regarder, à regarder la jeune fille brune et belle comme la pleine lune cette complice des amants des plaines de l'Irak. Elle se dirigea vers l'Est. Point de bête pour la menacer, point de fils de gahba pour lui faire du mal. Elle montât une échelle tissée des rayons de soleil.
Alors, moi, le scribe du Pays des Deux Fleuves, je fîs un voeu. Jamais je ne retournerais vers mon bas-relief, jusqu'à ce que je me réjouisse d'être en ta présence, toi Saddam Hussein, mon maître, le martyr vivant.
Le Choeur:
Ecoutez nos prières,
Saints martyrs irakiens
Assassinés par la Bête US.
Vos sacrifices guérissent nos plaies,
Vous nous avez libérés,
Vous avez racheté le genre humain,
Du monstre US.
Toutes les générations exalteront vos actes héroïques,
Pour les siècles des siècles.
Amen.
Le Scribe:
O mon pays, Irak,
De tes côtes
Et de tes lombes,
Je suis né.
Tes seins nourriciers
Ont inspiré et fécondé mes poèmes.
Tes collines ont abreuvé, et étanché la soif de mes rêves.
Tes palmiers ont enchanté mon pinceau et ma plume.
Irak ! dans tes ruelles baignées de soleil, couleur d'argent,
J'ai chassé, attrapé et caressé,
De méchantes fées sur le sein de la mère.
O mon pays béni, Irak,
Porte-toi bien ! Sois bien!
Que le prophète Jarjiss
Le prophète Irakien Jonas
Al Hassan et al Hussein te sauvegardent.
Que tous les karibous, les anges protègent l'Irak pour toujours.
Prophètes d'Irak
Bénissez votre lieu de naissance: Irak.
Amen.