(I) La Bête Déchue

Par Abu Assur

Le Choeur:

Elle est tombée ! Elle est déchue la bête US

La prostituée, la mère de toutes les putes.

Frappée de lèpre, vieille et abandonnée,

Elle était un paria, méprisée,

Elle devînt une malédiction.

Qui pourra, désormais, la soulever ?

Voici le message du fils de l'Irak

Saddam Hussein, le martyr vivant :

Je vous préviens ! Ecoutez cheikhs écervelés de Najd et de Hidjaz

Prête l'oreille ! paltoquet de la province du Kuwait 

Ecoute l'idiot eunuque roitelet de Jordanie,

Rappelles-toi ! tu étais un mendiant

Agenouillé à ma porte généreuse !

Tu n'a de cesse de courtiser ta maitresse sordide.

Tu as poignardé l'Irak, le Juste, dans le dos..

Il est temps encore de te repentir

Le déluge s'annonce, tôt ou tard, il t'engloutira!

Le scribe:

Et je vis la Gahba, la vieille pute US drapée d'immondices. Elle était couchée sur des centaines de squelettes et de cadavres d'innocents. Elle était en travail, elle se tortillait, telle une anguille, de peine et de souffrances terribles. Ses entrailles étaient sur le point d'exploser. Elle gueulait et hurlait : " j'ai soif ! La soif brûle ma gorge obscène." Alors ses démons-instigateurs lui offrirent en toute hâte du pétrole à boire. Ils connaissaient son appétit vorace.

"Non, non et non ! Ne savez vous pas, salopards," jura-t-elle, détonnant, "que ce dont j'ai besoin c'est du pétrole mélangé avec du sang ? Soudainement ont sorti de ses dessous, des milliers de crotales au bruit de crécelles, des centaines de vipères heurtantes, de scorpions noires crachant le venin et de vers sangsues.. Les crotales à sonnettes et les vipères, apparaissaient,  sortant de leurs oeufs et dégoulinant encore de sang, se faufilaient couvrant son corps, mordant et se dévorant les uns les autres, lynchant leurs paires pour se frayer un chemin pour têter ses seins flasques et lacérés de rides. Ils étaient des milliers, des dizaines de milliers qui sortirent de dessous de ses cuisses.  Quelques instants plus tard et les seins de la Gahba US furent vidés et aplatis,  telles deux gourdes en cuir brûlé. Ses seins flasques, pendants et mous étaient tétés jusqu'à ce qu'ils furent desséchés. Quelle était la teneur de son lait ?  Celui d'un monstre, pétri et composé d'un mélange unique : coagulé acide mélangé avec du pétrole. Dans sa fureur folle, personne n'osait l'approcher .

La Pute US vît devant ses yeux son engeance et sa progéniture lyncher les uns les autres et s'entretuer. Maintenant, ils allaient mâcher,  déchiqueter ses mamelles, et broyer avec leurs crocs  sans détour et sans secours ses pis, alors, elle brailla d'une voix terrifiante : "Je crève !"  Elle gueula : "dois-je crever maintenant ?" Ce bruit ébranla l'horizon. Elle regarda autour d'elle. Elle était seule, nue, mais couverte de honte, couchée sur des cadavres et de la charogne vêtue de déshonneur. Sa haine était immense. Son passé, il est vrai si court et si jeune, n'était qu'opprobre. Sa jalousie était épouvantable. Ses démons-conseillers tinrent conseil. Ils lui recommandèrent un lieu, une place qui n'étaient rien d'autres que le paradis sur terre, où elle pourra trouver ombrages et victuailles. Les eaux coulaient, limpides pures et à flots et des palmeraies bercées par le chant des brises d'orient, et  enceintes de dattes délicieuses, remplissaient les horizons ; "Pour toi, Gahba la Pute US, tu aura là-bas du pétrole à boire, tu sera rassasiée, ton haleine immonde et assoiffée sera étanchée pour au moins trois générations à venir."

La Pute US exigea de ses démons de l'emporter au Berceau de la civilisation. Elle ordonna à son engeance de vipères et de crotales de s'étendre et d'envahir la Mésopotamie. "Il y aura, aboya-t-elle, pour vous, assez de lait caillé mélangé avec du pétrole pour téter et survivre pour un temps." 

Un matin, un terrible matin, les enfants des palmiers-dattiers, les nourrissons des Deux Fleuves se réveillèrent et entendirent des crotales au bruit de crécelles siffler, des scorpions ramper, des vipères heurtantes empoisonner la terre et des nuées de vers sangsues. Qu'avons-nous fait à ceux-là. D'où viennent-ils ? demandèrent les garçons et les filles de l'Irak ! Non, jamais dans notre histoire gloriouse nous eûmes une telle invasion et depuis dix milles ans et depuis que le palmier-dattier  est du nom de palmier et depuis que nous nommâmes les étoiles étincelantes de nos cieux dignes cléments et heureux, et depuis que nous gravâmes des tablettes, et chantâmes le premier chant d'amour..

Le Choeur:

Bienheureux êtes-vous innocents martyrs Irakiens

Chaque jour, Immolés 

Pour l'amour de l'Irak

Par l'engeance de la Pute US

Vous êtes pour nous un phare

Des lendemains de lumière

Lendemains de chants des oiseaux,

Une nouvelle aube pour le monde.

Ce récit est véridique. Il est proclamé par un enfant d'Irak, un scribe assyrien qui, ressuscita de son bas-relief de Ninive sur le Tigre. Il est un témoin, et il sait qu'il dit vrai. Ce qu'il vît personne d'autre ne vît avant lui, il sait, amen, qu'il dit vrai.

Tout d'abord, les crotales se sont glissés partout. sur les plaines de Mossoul. Dans les montagnes de Ninive, la ville-même où est né ce scribe. Les vipères se sont répandues sur les prairies verdoyantes de Tikrit. Les scorpions ont rampé vers les palmeraies sans limite de la ville d'Ur en Chaldée. Ils tuaient toute vie sur leur passage, ils empoisonnaient la terre et mordaient à tout va.

Le venin de la haine qu'ils soufflaient n'avaient de pareil. Les nourrissons dans leurs berceaux étaient étoiuffés. Des nouvelles mariées aux yeux en amendes et fardées, étaient enlevées à leur chambre nuptiale. Les paysans étaient immolés et massacrés sur leurs champs et dans les sillons de charrue coulait le sang pur des Irakiens innocents.

En fait, l'engeance de la Bête US, la Pute, avait une envie, une seule envie folle et insatiable : téter du pétrole mélangé avec le sang des enfants du Pays Des Deux Fleuves 

Le Choeur:

Soyez bienheureux, 

Martyres Irakien Innocents,

Nous célébrons vos sacrifices,

Nous nous réjouissons en faisant mémoire de votre combat,

Et aujourd'hui êtes-vous éternels,

Les vipères ne sont que boyaux pourris

La pute, la Bête,  n'est plus !

Moi, l'enfant de l'Irak, le Scribe Assyrien, de mes propres yeux, vîs ce que je vîs et mon témoignage est véridique. Je ne bougeai point. Je pleurai et gémîs en silence. Pétrifié étais-je dans mon bas-relief. Là j'invoquai mes dix mille ans d'histoire.. Etait-ce trop tôt ? Etait-ce trop tard ? Vipères heurtantes, crotales au bruit de crécelles, scorpions noires venimeux et vers sangsues couvraient l'horizon.

Désolée étaient la terre. 

"Le sang du pays comme du bronze et du plomb s'accumule ;

les morts fondent d'eux-mêmes comme de la graisse au soleil."

Chiens sauvages, jacals, marabouts charognards de partout, de tous bords, des corbeaux croissants se sont invités assemblés. Une gloutonnerie était en vue. Tout ce monde se préparait à engloutir les morceaux. La Pute US, dégradée, pleine et engrossée d'euphorie, remplît ses boyaux vides de pétrole et de sang. Transportée, elle chavira et tomba dans une ivresse avilie et corrompue, la bouche dans la poussière..

A suivre

II) Ou comment les génies Tammouz, Nayssan et Ab al-Lahhab brûlèrent vivante l'engeance de la Pute US. Les cimetières, les palmiers-dattiers et les tablettes d'argile se sont unis pour tailler en pièces la Gahba US, l'ennemie du genre humain.

III) La Bataille finale, où l'on admire la nouvelle mariée Irak la nuit de ses noces. Les Sumériens se réveillent et se joignent à la fête en jouant de la harpe et en chantant des chants d'amour.


Titres principaux

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