Invitation au Bal Masqué... sur décor sanglant avec feux d’artifice

Par Zahia Gonon

Nous sommes étonnés de lire , y compris sur la toile, quelques contributions critiques sur les élections, en Palestine et IRAQ, dont les seules craintes portent sur le formalisme des opérations.

Nous nous apprêtions à répondre par un historique rapide de ce rituel, le vote, et surtout à souligner sa vocation complémentaire, flatteuse, au bénéfice des valeurs et économies des pays du Nord-Occident .

Faut-il rappeler, que les deux peuples contraints à se plier à l’exercice ont été dépossédés de leur patrie et patrimoine, justement, par les Démocraties Occidentales, en réalité oligarchies militaristes, qui s’offrent le luxe d’aller ‘’observer’’ pour apprécier, in concreto et in situ, si ces peuples sont atteints de façon satisfaisante, voire irréversible, du phénomène de mimétisme.

Tout ‘’le savoir faire’’ colonial archaïque consistait, déjà, à ‘’donner envie’’, au colonisé, de ‘’singer’’ le maître.

La liturgie électorale est un artifice destiné à l’exportation, au même titre que le commerce de l’armement, et remplit la mission de stratégie d’appoint pour délester les peuples de leur culture identitaire, après les avoir déposséder de toute souveraineté sur leur propre patrie et patrimoine.

Une image en langue Arabe qualifie, à la perfection, ce carnaval électoral : " Offrir des boucles d’oreilles et des bagues à un individu complètement nu ".

Rappelons que la pratique classique consiste à glisser un bulletin dans une enveloppe, à l’abri des regards, dans un isoloir, avant de la déposer dans l’urne. Le dernier cri, en la matière, étant l’urne transparente. Voilà pour le secret et la dernière garantie contre la fraude.

Les candidats au suffrage s’étant, auparavant, présentés aux électeurs, à visage découvert, avec curriculum vitae et photo accompagnant leur programme sur support écrit.

Passons sur le fait que ces préparatifs se déroulent sous croisements de missiles guidés au-dessus des têtes d’enfants et des domiciles, en plus des survols de quelques drones.

Pour que la campagne, sous occupation, ne soit pas tout à fait fantôme, les quelques candidats qui osent se présenter… se présentent, au public, la face voilée et ne donnent pas leur nom.

Notre Gouvernement qui encadre, chez nous, le port du simple hijab (recouvrant seulement la tête) par les femmes, appelle à ce scrutin où ce sont les hommes qui sont voilés. En fait, ils enfilent une cagoule. Ils ont, peut-être, des conseillers techniques Corses.

Un déguisement similaire était utilisé par l’Armée Française en Algérie. Lorsqu’elle voulait confondre un ‘’hors-la-loi’’, selon le terme employé l’époque, elle amenait pour confrontation, un homme revêtu d’un sac, en toile de jute, à partir de la tête, avec deux fentes au niveau des yeux. Ceci, afin d’éviter son identification, pour des raisons évidentes. Ce faux témoin était appelé, en Arabe, ’’bouchkara’’, ce qui veut dire ‘’l’homme au sac’’.

Nous, les enfants, devant ce spectacle, étions saisis de fou rires, au risque de nous faire gifler par nos parents qui craignaient le pire, parce que les coins du sac, de chaque côté de la tête, ressemblaient à des oreilles d'animaux. L’imaginaire militaire manque singulièrement d’inspiration, en dépit d’un effort d’adaptation linguistique remarquable.

Le militant et ami Roland Lafitte, ex æquo en ancienneté sur l’IRAQ, nous a rappelé, qu’à l’age de dix ans, il entendait les média expliquer que la guerre d’Algérie n’était pas menée contre les Musulmans, mais contre ‘’les fanatiques’’. Dans ces temps, on ne disait pas ‘’Islamistes’’.

Les urnes sont, aussi, sans domicile fixe et les GI’s collent des affiches et ‘’tractent’’ dans la rue comme de vulgaires militants associatifs.

Naturellement, supplément d’informations surabondantes, sur tous les sites, y compris des Agences officielles.

Pour accréditer ce grand guignol, les patrons de rédaction expliquent à tous les micros qu’il ne leur semble pas utile de faire suivre le déroulement du scrutin par des journalistes ‘’enfermés dans leurs chambres’’, par conséquent, ils leur demandent de se replier et de le suivre… hors frontières.

Mais ils s’empressent d’ajouter que les IRAQIENS attendaient cette heure depuis plus de 30 ans, 50 ans pour les uns et 80 ans pour les autres.

Dans ce dernier cas, Il s’agirait donc de presque centenaires, ayant miraculeusement réchappé à la guillotine du blocus sur denrées et médicaments de première nécessité, pendant 15 ans.

Les observateurs internationaux ‘’observeront’’, eux aussi, à l’abri au loin.

Pendant ce temps, l’apprentie-menteuse, sur France Info, décline en boucle : ’’un nouvel attentat contre la Démocratie…’’. Nous rectifions, contre l’Occupation, occupants, auxiliaires et supplétifs joints, sans discrimination.

Napoléon, ce stratège conquérant, adulé des Français, avait déclaré que parfois, ‘’la victoire est dans la fuite’’.

Bienvenue à l’Assemblée de la Cagoule. Le New York Stock Exchange est impatient de saluer son avènement. A quand l’indice ‘’Bouchkara’’ ?. Le rire, même jaune, est aussi une arme. Rions.


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