Une entrevue avec le Général Abu al Mu’tassim,

dirigeant du Parti Baath et de la Résistance – 20.10.04

Après dix-huit mois d’occupation étasunienne, quelle est votre avis concernant l’état de la Résistance militaire?

Nous sommes particulièrement satisfaits de la réalité de la Résistance et de ses résultats sur le terrain. La Résistance a développé un phénomène quotidien et populaire, que personne ne peut ignorer. Nous pouvons considérer la Résistance de deux points de vue: Du point de vue iraquien, la Résistance a étendu son contrôle sur un grand nombre de villes. Ce qui se passe à Falloudjah, Samara, Qaem, Baaquba, Hawidjah, Tallafar, Heet, Saqlawyia, Ramadi, Anah, Rawa, Haditha, Balad, Beidji, Bahraz, Baladruz, et d’autres villes, grandes et petites, confirme pleinement ce que nous affirmons. également, la Résistance contrôle totalement des parties entières de Bagdad et de ses banlieues, telles que Yusufya, Latifya, Abu Ghraïb et Mahmudya. Cela montre l’impasse politique et sécuritaire rencontrée par les occupants et leurs agents. Dans ces endroits et ailleurs également, nous devons mentionner le soutien, et même la participation de la population à côté de la Résistance lors des confrontations avec l’ennemi.

Du point de vue des États-Unis, leur gouvernement ne peut plus cacher ses pertes, chaque jour plus importantes. Les Iraquiens connaissent le volume de ces pertes et sont capables de les augmenter.

Après cet aperçu sommaire de la situation de la Résistance iraquienne, je peux dire que je suis très confiant pour l’avenir. Ce que nous avons planifié avant l’occupation se réalise convenablement sur le terrain et cela vérifie la perspicacité politique et militaire à long terme de notre direction lorsqu’elle avait planifié la Résistance et déclenché son action.

Beaucoup d’opérations militaires de la Résistance ne sont pas mentionnées par les principaux media. Qui est responsable de cela?

Nous devons faire la distinction entre la nécessité d’engager des actions de résistance et celle de les annoncer. Notre mission est de trouver des façons et des moyens pour mener à bien de fortes et efficaces opérations de résistance, les reportages dans media ne sont pas notre affaire.

Je tiens à vous dire que dans le passé nous avons fait des enregistrements vidéo de grandes et puissantes opérations de résistance et nous les avons fournies à quelques chaînes satellite arabes. Ils ne les ont pas transmis à cause de la censure des occupants et des liens douteux qu’ils entretiennent avec l’administration étasunienne et son discours politique.

Le problème des media concerne la branche politique de la Résistance. Le bureau politique d’information et de publication du Parti Baath qui, à mon avis, accomplit très bien cette mission, publie le point de vue politique de la Résistance.Le fait que des opérations militaires de la résistance ne sont pas rapportées dans la presse ne touche guère notre moral, parce que pour cela nous n’avons qu’à constater d’un côté les conséquences de nos opérations et de l’autre le comportement et l’attitude des forces d’occupation.

Combien d’opérations militaires la Résistance entreprend-elle par jour?

Nous ne sommes pas obsédés par le nombre. Personne d’entre-nous n’a le temps de compter et de calculer, néanmoins je tiens à souligner ici que les vaillants héros de la Résistance engagent des opérations jour et nuit, et sur toute la surface géographique de l’Iraq! Les media évoquent une moyenne de cent opérations par jour. Ce chiffre n’est pas tout à fait exact, en fait, elles sont bien plus nombreuses.

Y a-t-il une coopération militaire entre les factions de la Résistance iraquienne?

Je sens un doute dans votre question! Je dirais tout simplement que ce qui se passe sur le territoire de l’Iraq - la Résistance héroïque - ne peut pas être le fait de juste un groupe de personnes, de quelques gens en colère sans liens entre eux. Il s’agit nécessairement d’actions hautement élaborées et bien organisées.

Il existe un commandement militaire unifié qui conduit les opérations sur le terrain dans chaque ville d’Iraq. Ce commandement comprend les meilleurs officiers de l’armée iraquienne, des Gardes républicains, des Fedayin de Saddam, des services de sécurité et de renseignement. Ce qui se passe dans les provinces de Al-Anbar, Diyala, Mosul et Salah-el-Din, Babel et ailleurs est un signe clair de ce dont je parle.

La direction militaire opérationnelle est directement responsable de toutes les factions de la Résistance et des moudjahidin de la région, qu’ils soient baathistes, islamistes ou autres patriotes honorables.

Je ne divulgue pas de secret lorsque je vous dis qu’il existe un Haut commandement militaire unifié, qui supervise l’orientation de la Résistance dans tout l’Iraq. Ce commandement comprend des officiers militaires et du renseignement, hautement qualifiés. Avec eux il y a aussi un représentant de la branche politique du Parti Baath qui fait la liaison entre les commandements militaire et politique.

Oui, certainement qu’il y a une coordination entre les factions de la Résistance. C’est une coordination hautement responsable, professionnelle et de grande qualité qui protège les rangs de la Résistance de la pénétration ennemie.

Nous avons constaté dernièrement la résurgence des prises d’otages en Iraq. La Résistance serait-elle impliquée et à quelle fin?

Pour commencer il faut admettre que la Résistance n’est pas responsable de chaque enlèvement qui a lieu en Iraq, il nous arrive de faire de telles opérations.

Nous avons averti à de nombreuses reprises les Iraquiens, les Arabes et les étrangers, de ne pas collaborer avec les forces d’occupation, parce que cela ferait d’eux des cibles.

La Résistance et toutes ses factions arrêtent les espions et les collaborateurs de l’occupant. Nous avons dans ce domaine un programme clair et nos exigences sont politiques et militaires, elles servent les intérêts de l’Iraq et de son peuple. Toutefois, peu de nos exigences, telles que le retrait des forces philippines d’Iraq, ont été satisfaites.

Aussi nous voulons qu’il soit clair à l’opinion publique que les forces d’occupation et leurs agents en Iraq, dans le but de ternir l’image de la Résistance, font des enlèvements et des prises d’otages en collaboration avec des bandes criminelles. Nous sommes confiants que notre peuple, en Iraq et dans le monde arabe, est capable de faire la distinction entre ce que fait la Résistance et ce que font les agents des occupants. Nous n’entreprenons aucune action sans avoir des informations précises, réduisant ainsi les marges d’erreur, mais si nous découvrons que quelqu’un a été pris par erreur, nous le libérons immédiatement. Aussi il faut savoir que les diverses factions de la Résistance ont libéré beaucoup d’otages enlevés par des bandes de malfaiteurs et des agents des occupants.

Nous profitons de cette occasion offerte par le journal Al-Majd pour demander à notre famille étendue en Jordanie et dans le monde arabe de ne pas coopérer avec les forces d’occupation, mais plutôt d’aider le peuple iraquien.

Le gouvernement Allaoui et les forces d’occupation ont réussi à neutraliser le courant Al-Sadr et de l’écarter du champ de bataille. Comment cela peut-il influencer la continuation et le développement de la résistance iraquienne?

Notre résistance avait commencé bien avant celle du courant Al-Sadr, et c’est pour cela que nous ne serons pas affectés par son départ du champ de bataille bien que nous déplorions sa manière de le faire si humiliante.

Mais laissez moi clarifier une chose importante qui pourrait être méconnue par nos frères arabes. Ce qui s’est passé entre Moqtada Al-Sadr et le gouvernement fantoche d’Allaoui est un arrangement politique exploité avant tout par les forces d’occupation pour détruire la crédibilité d’Al-Sadr et de son groupe. Ceux qui sont allés vendre leurs armes ne sont pas tous des adeptes de Al-Sadr, et ce ne sont pas tous les adeptes d’Al-Sadr qui acceptent cet accord. Le gouvernement fantoche d’Allaoui et les partis sans honneur tels que le parti Dawa et le groupe de Al-Hakim avaient mobilisé leurs amis pour aller vendre leurs armes au nom du groupe Al-Sadr pour ainsi décrédibiliser ce courant aux yeux de l’opinion publique arabe.

Cela ne nous empêche pas de dire que Moqtada Al-Sadr et ceux qui étaient autorisés à parler en son nom sont un groupe d’imbéciles sans conscience politique. Ils ont été attirés dans une entreprise puante de soutien à l’occupation, point! Nous affirmons qu’il y a une grande proportion d’éléments de ce courant, qui n’a rien à faire avec ce jeu et continue dans la résistance par choix patriotique.

Après un an et demi, quelles sont les forces et les faiblesses de l‘occupant à la lumière de votre expérience?

Les combattants de la Résistance sont les maîtres de la rue. C’est une réalité, évidente à tous ceux qui connaissent la situation iraquienne. Je n’exagère pas lorsque je dis que les soldats de l’occupant espèrent ne jamais quitter leurs positions fortifiées. Ils croient qu’ils sont forts quand ils utilisent leurs avions à réaction, mais ceux-là ne peuvent pas aller de partout, et lors des affrontements nous sentons la lâcheté de leur comportement. Cela est clair avec les tirs aléatoires, avec ou sans raison, qui les caractérisent. En ce qui concerne les traîtres embarqués sur les chars de l’occupant, eux aussi se cachent et ne quittent que rarement leurs abris fortifiés.

Êtes vous confiant concernant la poursuite de la Résistance?

Tout le monde doit être rassuré que nous sommes tout à fait capables de nous battre pour de longues années. L’occupation ne durera pas aussi longtemps. Le commandement politique et militaire nous a fourni suffisamment d’armes et de munitions, dispersés dans tout l’Iraq.

Avez-vous donné au citoyen iraquien un programme politique concernant votre vision de l’avenir?

Cela n’est pas notre affaire. Le programme politique est l’affaire de la branche politique de la Résistance, c’est la direction du Parti Baath qui a lancé un programme politique clair qui couvre nos actions.

Ceux qui mettent les objectifs de la Résistance en cause sont les mêmes qui parlent de programmes politiques tout en ignorant le programme du Parti Baath qui a été accepté par toute la Résistance.

Journal Al-Majd (Jordanie), 20.10.2004,

http://almajd.net]

Traduit par Al-Moharer Team


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